En 1930, la société Casino rachète un terrain de 38 000 mètres carrés sur le site de l’Etivallières et le cède pour un franc symbolique
à l’Association Sportive Stéphanoise (qui deviendra l’A.S.Saint Etienne) . Avec des fonds réunis par souscription, le club engage
l’entreprise parisienne qui avait construit le Stade Olympique de Colombes en 1924 et entreprend les premiers travaux. C’est le 13
septembre 1931 que le stade Geoffroy Guichard, du nom du père du président Pierre Guichard, est inauguré. Pour cette première rencontre,
une sélection stéphanoise reçoit les professionnels de l’AS Cannes et s’incline par 9 buts à 1.
Proche du centre-ville, le stade est construit au dessus d’anciennes galeries de mines et le terrain borde une usine sidérurgique dont
le souffre émanant des cheminées vient parfois enfumer les lignes de touche. Sous son premier aspect, Geoffroy Guichard, comporte une
tribune unique de 800 places couvertes avec vestiaires et douches incorporées. Le terrain est ceint d’une piste d’athlétisme et de plans
inclinés suffisamment accueillants pour être considérés comme des gradins. Près de mille spectateurs peuvent prendre place dans des conditions
de confort remarquables pour l’époque.
Le stade connaît un premier changement en 1956 avec la disparition de la piste d’athlétisme. En 1957, les gradins sont restructurés en
position debout et Geoffroy Guichard commence à prendre un aspect rectangulaire. L’éclairage est installé en 1965, quatre projecteurs
étant érigés à chaque coin du terrain. Pour l’inauguration le 22 octobre, l’ASSE reçoit l’URSS le jour du trente-sixième anniversaire
du grand Lev Yachine. Les Verts s’inclinent par 5 buts à 0.
En 1968, la ville de Saint Etienne devient propriétaire du stade et finance de nouveaux travaux : la tribune Henri Point est construite
en face de la tribune principale, les deux kops sont aménagés et couverts. Le stade peut alors accueillir 39570 personnes et prend sa
forme actuelle typiquement britannique, rectangulaire, avec ses angles ouverts aux vents. En 1972, un bâtiment administratif et sportif
est érigé sous la tribune principale.
Pour le championnat d’Europe 1984, la tribune Pierre Faurand, comme la partie supérieure des deux kops, sont restructurés en places
assises. Le toit des gradins sud est refait en plexiglas et prend l’aspect transparent qu’il a encore aujourd’hui. La capacité du stade
est portée à 48270 places dont 22200 assises. C’est sous cette forme que Geoffroy Guichard connaît son affluence record, le 11 Mai 1985,
en accueillant 47 717 spectateurs payants pour le quart de finale de coupe de France contre Lille alors que l’ASSE évolue en seconde
division.
Le stade connaît un dernier lifting pour accueillir des matchs de la Coupe du Monde 1998. Les quatre projecteurs, qui autrefois guidaient
les automobilistes venus par l’autoroute Lyon-Saint Etienne, sont démontés. La façade du stade et les locaux sont entièrement refaits. Un
balcon pouvant contenir 2 000 personnes assises est érigé dans la tribune Henri Point et recouvert par un toit maintenu par quatre flèches
bleues (!) dressées vers le ciel. Malgré ce dernier aménagement, la capacité du stade est ramenée à 35 600, la FIFA obligeant la
restructuration des kops en places assises.
Geoffroy Guichard a connu un certain nombre de transformations au cours de son histoire mais a su garder son âme. Toujours adossé aux
usines sidérurgiques, le stade a conservé son architecture typiquement britannique. Ses quatre coins ouverts aux vents laissent toujours
échapper les clameurs d’un public exceptionnel. Des générations de supporters se sont chauffés la voix debout dans les kops. Aujourd’hui
encore ils perpétuent la légende…