Entretien Pros Mercredi 18 Mars 2020 à 14h08

Yvann Maçon : "L'ASSE, un des clubs les plus suivis en Guadeloupe"

Le Guadeloupéen, arrivé cet hiver à l’ASSE, est l’un des fleurons du football d’outre-mer. Attaché à sa terre, qu’il a quittée jeune, le latéral droit stéphanois a vécu un début de carrière fulgurant. Et garde intacte la fraicheur d’un joueur qui découvre le haut niveau.

SON LIEN AVEC LA GUADELOUPE

"En Guadeloupe, nous sommes situés à 8000 kilomètres de la métropole. Même si notre vie est différente, nous sommes Français et, d’ailleurs, les Guadeloupéens ont un réel sentiment d’appartenance. J’ai grandi à Baie-Mahault, la plus grande zone commerciale de l’île, où j’ai débuté le football. Même si les clubs guadeloupéens possèdent de bons joueurs, il existe un manque de structures évident. Il est donc difficile de se faire repérer par une formation de l’élite. Pourtant, bon nombre de gamins de l’île rêvent de triompher dans le football. Quand on veut devenir professionnel et qu’on est Guadeloupéen, on sait qu’il va falloir se battre, lutter et souffrir. Sans doute plus qu’un jeune qui est né et a grandi en métropole. Je me suis longtemps fixé sur Thierry Henry, Guadeloupéen lui aussi. Il n’a fait que travailler pour y arriver et avoir cette carrière. Je suis très fier de mes racines. Mon île est magnifique et elle possède une histoire inscrite dans la lutte sociale. Elle me permet de ne pas lâcher et de continuer à travailler pour accomplir mes rêves."


SON ARRIVÉE EN MÉTROPOLE

"Après deux années en pôle Espoirs en Guadeloupe, je n’ai pas eu la chance d’intégrer un centre de formation pour continuer ma progression. À 15 ans, j’ai donc décidé de venir tenter ma chance en métropole. Pour un Guadeloupéen comme moi, le changement fut brutal ! Je ne savais pas ce qu’était l’hiver et je ne savais pas qu’on pouvait mettre autant de vêtements sur soi (rires) ! Les gants, le cache-cou, les collants : je ne connaissais pas tout ça. Il m’a donc fallu un certain temps d’adaptation, d’autant plus que mes parents sont restés travailler et vivre en Guadeloupe. Même s’ils m’ont toujours soutenu, j’ai ressenti leur absence. Mais, je n’avais pas fait un aussi long voyage pour rentrer à la première difficulté. Je ne voulais pas revenir à Baie-Mahault sans avoir réussi."


SON PASSAGE À DUNKERQUE

"En 2017, l’USL Dunkerque m’a proposé de participer à une détection. J’étais le seul joueur qui n’avait pas de contrat ailleurs. Je me souviens m’être dit que c’était perdu d’avance. Au final, je suis le seul qu’ils ont conservé ! J’ai vécu deux années et demie exceptionnelles là-bas. Le groupe était très jeune, très enjoué. On formait une bonne bande de potes et ça se voyait sur le terrain. Au départ, on devait jouer le maintien et finalement on a placé le club en position de monter en Ligue 2. C’est également à Dunkerque que j’ai découvert le poste d’arrière droit. Quand je suis arrivé, j’étais numéro six. Je dois avouer que je ne pensais pas que ce nouveau rôle me conviendrait. Et, finalement, c’est ce qui m’a permis de signer à l’ASSE !"


SON ARRIVÉE À L’ASSE

"Mon agent m’avait dit plusieurs fois que les recruteurs de l’ASSE étaient venus me voir jouer. Honnêtement, c’était déjà quelque chose de grand pour moi ! Mais, tant que rien n’était acté, je ne pouvais pas me permettre de m’enflammer. Bien après, j’ai su que les discussions étaient bien avancées. Mais, mon agent ne voulant pas que je sois grisé par tout cela, ne m’a informé que tardivement. Même ma mère le savait mais elle ne m’avait rien dit. Signer ici est une fierté pour l’ensemble de ma famille car l’ASSE est l’un des clubs les plus suivis en Guadeloupe. Il y a Paris, Marseille et Saint-Étienne ! Tout se passe à merveille depuis mon arrivée. J’ai eu le bonheur de débuter en Ligue 1 et je me sens bien intégré au sein du groupe. Je n’ai pas encore vraiment réalisé ce qui m’arrive. Sincèrement, ce n’est que du bonheur !"

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