Le cinquantenaire de 76 Musée des Verts Mardi 05 Mai 2026 à 09h11

Vingt-neuf secondes pour l'éternité

À quelques jours du Cinquantenaire de 76... L'action d'une vie, d'une épopée contée par Christian Lopez, l'un des héros d'une soirée magique à l'issue de laquelle l'ASSE et le football français entrèrent dans une nouvelle dimension. Au grand dam du Dynamo Kiev et d'Oleg Blokhine, tsar déchu, ce 17 mars 1976.  

Il y a des moments comme ça où le temps paraît suspendu. Les secondes s'égrainent. Invariablement. Inéluctablement. Et pourtant, tout semble figé. Ces instants de félicité, de rêve éveillé, de communion, les Verts et leurs inconditionnels supporters auront eu le bonheur d'en vivre tout au long de cette décennie de tous les exploits. De 1969 et l'élimination du Bayern de Munich du Kaiser Franz Beckenbauer, de Sepp Maier et de Gerd Müller, "Der Bomber" à la démonstration à Hambourg de Manfred Kaltz et de Horst Hrubesch (0-5, le 26 novembre 1980) en passant par l'Hajduk Split, balayé un soir de novembre 1974 ou le PSV Eindhoven de Kees Rijvers éparpillé aux quatre coins du terrain, façon puzzle (6-0, le 7 novembre 1979).


Il y a des moments comme ça où la magie s'invite. Où l'improbable se réalise, prend forme sous vos yeux ébahis. L'ACTION à jamais gravée dans les mémoires du duel Oleg Blokhine - Christian Lopez, remporté par ce dernier, le 17 mars 1976, appartient à ces instants passion. Les frissons vous parcourent l'échine, les larmes perlent sur vos visages à leur "simple" évocation. L'émotion à fleur de peau. 


Péché de gourmandise, renoncement banni


On joue la 65eme minute de ce quart de finale retour de la Coupe d'Europe des Clubs Champions. Les hommes de Robert Herbin, en dépit d'une louable débauche d'efforts, courent toujours après ce handicap de deux buts concédés lors du match aller disputé en Crimée (2-0). Le temps presse, le chronomètre tourne et ne fait pas l'affaire de Stéphanois plus que jamais engagés dans une angoissante course contre la montre. L'ASSE bénéficie d'un corner frappé de la droite vers la gauche par Patrick Revelli. Le ballon prolongé de la tête atterrit "au troisième poteau", se souvient Christian Lopez. Quatre secondes ont défilé lorsque Vladimir Trochkine récupère cette "gonfle" et alerte le long de la ligne Oleg Blokhine. "Les Russes sont partis rapidement en contre. Blokhine a placé une accélération et échappé pour une fois à "Doudou" (Janvion). Il franchit la ligne médiane et repique dans l'axe", poursuit le défenseur axial ligérien. Huit secondes se sont écoulées depuis le "coup de pied de coin". 


"J'ai le sentiment que Blokhine va en rajouter"


Christian Lopez va au devant du Ballon d'Or lancé pleine balle et ayant résisté au retour de Gérard Janvion. "Il m'élimine bêtement dans un premier temps, surpris à l'intérieur". Le tsar Oleg 1er va tuer tout suspense. L'issue semble inéluctable, le scénario fatal, écrit. "L'espace d'un millième de seconde, je repars au combat. Je ne dois pas renoncer sans avoir tout donné. Le public me fracasserait." Le chrono affiche seize secondes. "C'est alors que je reviens à sa hauteur. Je jette un coup d'œil sur son positionnement et j'ai le sentiment qu'il va en rajouter. Je fais mine de mordre dans sa feinte, je me bloque et touche le ballon de la cuisse gauche. Je me jette et dégage du pied droit."


Quatre secondes plus tard, Osvaldo Piazza, parti à l'abordage afin de placer sa tête sur un coup de pied arrêté, se lance aux abords du rond central dans une de ses folles chevauchées, prend appui sur Patrick Revelli qui surprend l'arrière-garde russe d'un "exter". C'est là que surgit Hervé Revelli pour placer une frappe croisée qui a raison du géant Rudakov. Deux transitions, l'une avortée, l'autre aboutie, auront fait basculer le match et l'histoire de l'ASSE et du football français. En moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire. Vingt-neuf secondes, chrono en main.


Un authentique exploit

   

L'exploit était en marche, la légende s'écrivait en lettres d'or, jugera Michel Hidalgo, patron d'un football tricolore recouvrant une fierté bafouée, évanouie trop longtemps.  "Cette action, bien évidemment, fait basculer le match, notre histoire. Si Blokhine ne fait pas montre de suffisance, s'il fixe Ivan (Curkovic) et sert Onitchenko, l'aventure s'arrête là. Les Russes ont commis le péché d'orgueil. Ce match retour, ils l'ont abordé comme une formalité, oubliant sans doute que nous avions déjà atteint le cap des demi-finales, la saison précédente face au Bayern (0-0, 2-0). Ce but nous a conféré un regain d'énergie. En revanche, le Dynamo a pris un gros coup sur la casquette et montré des signes de lassitude physique. Cette action aurait pu être synonyme de coup d'arrêt, ce fut un formidable coup de boost. Derrière, en dépit de la fatigue, nous avons tout donné. Sans échanger. Rien qu'en se regardant, nous savions ce que nous avions à faire. Ces moments-là sont gravés en moi, en nous. Cinquante ans plus tard, l'amitié et le respect mutuel nous unissent encore", confie Christian Lopez.


Et de conclure : "La morale de cette rencontre? Ne jamais baisser la tête renoncer. Plus tard, alors que j'entraînais, je ne cessais de répéter à mes joueurs : "faites preuve de résilience. Tout va très vite dans le foot. Une mauvaise conduite de balle, une passe trop appuyée, un contrôle déficient peuvent annihiler une action vouée à aller au but. C'est alors qu'il faut intervenir, saisir cette opportunité qui vous est offerte et peut-être inverser le cours d'un match." Ce match de légende aura donc basculé à la 65eme minute et ces vingt-neuf secondes pour l'éternité. Intouchable eu égard à son talent et son statut, Blokhine, totem d'immunité oblige, fut exempté de remontrances officielles de son staff préférant désigner du doigt Onitchenko plutôt qu'égratigner le tsar. 


Point barre, fin de l'histoire pour le Dynamo, taclé pour son manque criant et coupable d'humilité et poursuite d'une magnifique épopée pour des Verts adulés dans tout l'Hexagone et ayant laissé une trace indélébile dans la mémoire collective.   

Fil infos


Vert l'Avenir

Ensemble, faisons de notre club une source d'engagement, à domicile et à l'extérieur,
car un club de football engagé est un club plus fort !

Palmarès

Logo Kelyps Interim
Logo hummel
Logo partenaire
Logo partenaire
Logo partenaire
Logo partenaire
Logo partenaire
Logo partenaire
Logo partenaire
Logo partenaire
Logo partenaire
Logo partenaire
Logo partenaire
Logo partenaire
Logo partenaire