Vert Vintage Anciens Verts Samedi 23 Mai 2020 à 10h20

Patrick Guillou et la causerie de Pierre Repellini

Parmi les souvenirs les plus marquants du défenseur qui a porté et mouillé 107 fois le maillot vert, figure une causerie d'avant-match à cœur ouvert de son entraîneur.

Votre plus forte émotion en tant que supporter ?

Le succès lors du centième Derby remporté à Gerland sur un coup franc de Dimitri Payet. Ce succès, après des années de disette, a rendu les lettres de noblesse à Sainté qui avait vécu tant de désillusions lors de temps additionnels de sinistre mémoire.


Le partenaire le plus talentueux à l’ASSE ?

Alex. Il était adroit, roublard, sentait bien les coups. Il avait une faculté inouïe à se démarquer. Il respirait le foot. Celui qui m’a plus impressionné mais aux côtés duquel je n’ai joué qu’après avoir mis un terme à ma carrière, c’est Pascal Feindouno. Un artiste aux inspirations géniales. Le plus créatif, le plus coquin. Lorsqu’il était résolu à faire la différence, il était insaisissable, tellement imprévisible.


L’attaquant que vous redoutiez ?

Pierrick Le Bert, le Lorientais, un joueur excentré de petite taille. Le 4-4-2 lui allait comme un gant. Avec son centre de gravité très bas, sa fréquence d’appuis, il m’a mangé. Avec mon style rustique, j’ai pris un bouillon monstre. Il m’a traumatisé !


Le coach qui vous a le plus marqué ?

Michel Le Milinaire. Lorsque j’ai débarqué à Rennes, j’ai découvert la zone. Jusqu’alors, c’était du marquage individuel, strict, à la culotte. Chambreur, bienveillant, fin tacticien, il a révolutionné ma façon de penser le foot. À Sochaux également, avec Jean Fernandez avec lequel j’ai eu de nombreux et féconds échanges, je me suis rendu compte qu’à 30 ans, on pouvait encore progresser si l’on s’en donnait les moyens.


Pierre Repellini y a mis toute son âme, ses tripes.


La causerie d’avant-match dont vous gardez un souvenir fort ?

C’était à Lille. Nous jouions pour ne pas descendre en National. Pierre Repellini y a mis toute son âme, ses tripes. Il était hors de question qu’il soit le fossoyeur de ce club qui lui avait tant apporté, que son nom soit associé à cette issue fatale. Il avait appelé à une concentration maximale et souhaité que nos portables soient éteints. C’est alors qu’il prononçait ses mots forts que celui de Didier Thimothée a retenti. On s’est mordu les lèvres. Et après le match, quelle joie, quel soulagement !


Votre plus grand regret ?

Mon côté entier, jusqu’au-boutiste m’a fait commettre des erreurs. Je suis allé au conflit avec des coaches. Aujourd’hui, avec le recul, et après avoir entraîné, j’ai pris conscience qu’il s’agit de deux logiques pas naturellement complémentaires mais bien évidemment indissociables.


Vos meilleurs potes à Sainté ?

Ils sont nombreux. Julien Sablé, Jérémy Janot, Marc Zanotti, Christophe Robert, Jérôme Alonzo, Gilles Leclerc. On se fréquente toujours. Il s’est passé quelque chose de spécial entre nous. Nous avons montré que nous n’étions pas des mercenaires.

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