Le cinquantenaire de 76 Musée des Verts Jeudi 02 Avril 2026 à 10h39

Osvaldo Piazza : atout cœur

Générosité : c'est le mot qui spontanément vous vient à l'esprit à l'heure d'évoquer Osvaldo Piazza. Sur et en dehors du terrain. Lors de duels homériques avec des attaquants qu'il aimait défier ou dans la vie de groupe au quotidien. Un ambianceur. Un type formidable. Le cœur sur la main, le feu dans les veines.

Il devait évoluer au poste de libéro. Au grand dam des avants-centres adverses, auxquels il ne laissait pas une once de latitude, collé à eux tel le sparadrap du capitaine Haddock, il se révélera à celui de stoppeur pour les besoins de la cause verte, le bien de l'équipe. Une tâche a priori ingrate dont il s'acquittera avec rigueur et abnégation, s'autorisant cependant des chevauchées ébouriffantes, en amateur des grands espaces, crinière de lion au vent.


Rigueur et folie, la glace et le feu


Débarqué à l'ASSE de la pampa dans l'anonymat en 1972, il rallia tous les suffrages, suscitant une rare unanimité auprès de ses coéquipiers devenus ses amis à vie et du Peuple Vert, séduit par cet amour du travail bien fait et ce grain de folie communicatif, et dont il fut l'un des chouchous. Cette âpreté dans le combat, cette faculté à se transcender et à diffuser un discours fédérateur, ce côté chambreur furieusement sud-américain, cette propension naturelle à secouer le cocotier lorsque l'équipe, en de rares occasions, se surprenait à ronronner ou la panoplie XXL d'un joueur et d'un homme d'exception à l'énergie positive, contagieuse. Stoppeur et sans reproches.


Arrière répugnant à se mettre en avant, Osvaldo a toujours privilégié le collectif. "Chez nous, il n'y avait pas de vedette. La star, c'était l'équipe. Chacun avait un rôle et le remplissait sans état d'âme pour le bien du groupe. Sans le courage et l'abnégation dont chacun faisait preuve, nous n'aurions pas obtenu des titres et suscité l'adhésion et la ferveur de tout un pays", aime-t-il ainsi à rappeler.  Cet altruisme, cette rigueur tactique à laquelle adhérait le groupe, cette appétence à se dépouiller pour un coéquipier en difficulté, un collectif devant gérer un temps faible : telles étaient les clés du succès. 


Le rush de la remontada face à Kiev : tout un symbole 


Et le défenseur argentin en était la parfaite illustration. Donnant de la voix, montrant l'exemple, sonnant la charge. À l'instar de ce rush insensé face à Kiev, lors d'un quart de finale retour de légende. "Une action incroyable. Sur l'ouverture du score, Christian (Lopez) réussit un sauvetage désespéré devant Blokhine." Le renoncement était étranger à cette phalange de guerriers toujours prêts à livrer bataille. "Je remonte le ballon, je prends appui sur Patrick (Revelli) et c'est Hervé, son frère, qui relance le match. Une action incroyable menée sur 80 mètres. Comme dans un rêve", poursuit Osvaldo. "Ce soir-là, les planètes étaient alignées.


La tête dans les étoiles, des papillons dans le ventre et la fierté d'avoir tout donné, damé le pion au grandissime favori, s'en retournant fort marri. À l'Ouest, l'Éden pour Osvaldo, Dominique Bathenay avec lequel "j'entretenais une relation cordiale privilégiée, Ivan (Curkovic), au sommet de son art et Jean-Michel (Larqué), le boss. Ce match demeure mon plus beau souvenir. Hélas, après avoir sorti le PSV (1-0, 0-0), nous avons échoué en finale face au Bayern. Les Allemands ont eu, ce soir-là, la réussite qui nous avait souri jusqu'alors. La chance, il faut savoir la provoquer. À Glasgow, elle nous a tourné le dos." Le vice de Gerd Müller, jouant habilement de son corps pour obtenir un coup-franc et la malice de Franz Roth pour mettre à profit un terrible moment de flottement auront eu raison de cette équipe stéphanoise ayant tout donné. "En vain. Nous pouvons être fiers de nous", juge, avec justesse, Osvaldo Piazza, le gaucho au grand cœur. 


"Fier" également, Ivan Curkovic, de compter l'Argentin parmi ses amis. "Toujours bienveillant, fédérateur, jamais méchant. Un homme bien". Qui, deux ans plus tard, quittera Saint-Étienne après que son épouse, Norma et leur fille, Sidonie, ont été victimes d'un grave accident de circulation en Provence. À leur chevet, Osvaldo contactera son sélectionneur : "Coach, je dois renoncer." Une décision qui ne surprit pas César Luis Menotti. À 31 ans, Osvaldo ne serait pas champion du monde, dans son pays, face aux Pays-Bas de Johnny Rep. Mais qu'importe, sa famille était désormais hors de danger. Et l'essentiel était là. Vous avez dit : homme de cœur !

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