Neven Subotic, joueur au grand coeur

Neven Subotic, joueur au grand coeur

Il possède un palmarès riche de deux titres en Bundesliga et a disputé une finale de Ligue des Champions avec le Borussia Dortmund. Mais, le défenseur central de l’ASSE reste avant tout un citoyen engagé, marqué par ses expériences de vie dans plusieurs pays. Aujourd’hui, il traduit cette richesse par un engagement de tous les instants dans sa fondation. Pour "Maillot Vert", le numéro 28 stéphanois s'est longuement confié.

Pros Dimanche 17 Février 2019 à 11h49

Le jour où… j’ai quitté la Bosnie pour l’Allemagne

Je suis né en République serbe de Bosnie mais, alors que je n’avais qu’un an et demi, mes parents, ma sœur et moi sommes partis vivre en Allemagne. C’était juste avant la guerre civile qui a frappé le pays. À la maison, mes parents m’ont éduqué dans la tradition serbo-bosnienne. À l’école, par contre, j’ai bénéficié du modèle scolaire allemand. Nous habitions dans une petite ville où les locaux se mélangeaient aux gens venus de l’ex-Yougoslavie, de Turquie ou du Kurdistan. Il n’y avait qu’une seule école. Tous les enfants grandissaient donc ensemble. Mon meilleur ami était Bosnien alors que nos deux pays étaient en guerre. On a appris à se connaître sans avoir de préjugés. C’est propre à l’enfance. Et c’est mieux comme ça. Que nos deux pays soient en guerre, on s’en fichait. Ni lui, ni moi ne l’avions décidé. Mais lui et moi l’avions subi.


Le jour où… j’ai quitté l’Allemagne pour les États-Unis

Alors que je venais d’avoir onze ans, ma famille et moi sommes partis vivre aux États-Unis. C’était une étape très enrichissante. D’ailleurs, pour nous, ce fut comme une renaissance. Ma mère a pu recommencer ses études alors qu’elle avait 30 ans et est aujourd’hui directrice dans le domaine de la construction. L’Amérique est un pays d’opportunités. Il faut les saisir mais aussi beaucoup travailler car c’est une culture qui ne supporte pas l’échec. Au niveau du football, c’est aussi vraiment différent de ce à quoi nous sommes habitués en Europe. Le football reste mineur par rapport au basket, au hockey ou au football américain.
Aujourd’hui, ma famille vit à New-York. C’est une ville très cosmopolite. Toutes les origines y sont représentées et les gens se mélangent. J’aime cette atmosphère.


Le jour où… j’ai décidé de devenir Allemand

J’ai 30 ans aujourd’hui et j’ai passé 22 ans de ma vie en Allemagne, le pays où j’ai principalement grandi. C’est aussi en Allemagne que j’ai installé ma fondation et où je compte revenir vivre une fois ma carrière de footballeur terminée. J’ai eu beaucoup de passeports, peut-être même un peu trop car il m’arrivait parfois de les confondre (rires) ! Je n’oublie pas mes racines, là où je suis né et les origines de ma famille. Je les garde dans ma tête et dans mon cœur. Mais, aujourd’hui, je suis complètement Allemand, dans mon attitude et mon mode de vie. Avoir pu connaître plusieurs cultures, plusieurs populations, est une vraie chance. Je la valorise chaque jour. Le voyage est une source d’enrichissement incomparable.


Le titre de 2011 ? J'étais torse nu, sur le toit de ma voiture, avec la musique à fond !


Le jour où… j’ai décidé de lancer la Fondation Neven Subotic

Le point de départ est une prise de conscience personnelle. Nous buvons tous de l’eau, du café ou du thé. J’ai juste voulu savoir d’où venait ces produits. Qui les cultivait, qui les vendait et qui les achetait. Évidemment, ce que j’ai pu découvrir concernant l’eau potable fut dévastateur. Un tiers de la population mondiale n’y a pas accès. Grâce à l’eau, on boit, on nettoie, on se lave. On élimine des bactéries et des maladies. Il ne devrait pas y avoir de difficultés pour y avoir accès. Or, pour beaucoup de monde là-bas, l’eau est devenue un luxe. M’investir en Éthiopie, le deuxième plus grand pays d’Afrique mais l’un des plus touchés par ce problème, fut donc quelque chose de très naturel Aujourd’hui, nous travaillons au quotidien pour que les Éthiopiens puissent avoir de l’eau à portée de main. Notre expression favorite est «100%». On fait tout à fond. On ne se focalise que sur un problème et sur une région pour plus d’efficacité. Je prends en charge tous les frais de mon association. Afin qu’un doit soit réinvesti à 100% dans notre action.


Le jour où… j’ai découvert l’ambiance particulière de Dortmund

À Dortmund, j’ai vécu quelque chose de très fort. Nous avons pu replacer le club parmi les meilleurs d’Allemagne. J’ai le souvenir incroyable d’un public qui l’était tout autant. On était portés par une force supérieure. Un jour, dans le tunnel des vestiaires, un coéquipier m’a dit : "j’ai l’impression qu’on mène déjà 2-0". Ce n’était pas de l’arrogance, juste de la confiance en nous. À domicile, le Mur jaune, le stade, le soutien populaire faisaient qu’on était presque invincibles. Même le Real Madrid n’avait pas résisté ! La connexion avec notre public était très forte. C’était comme si on avait un joueur en plus.


Le jour où… j’ai fêté le titre de champion dans les rues

Après notre titre de champion en 2011, on a fêté ça dans le stade avec nos supporters. Puis, on devait rentrer se changer pour aller dîner avec l’ensemble de l’équipe et du staff. Moi, je n’avais pas envie de quitter les lieux. Avec quelques amis, j’ai alors conduit dans les rues de la ville. C’était la fête de partout ! J’avais tout donné : mes chaussures, mon tee-shirt… À un moment donné, des gens m’ont reconnu et se sont rassemblés autour de ma voiture. J’ai mis la musique à fond, je suis monté sur le toit et j’ai fêté ça avec eux. J’étais torse nu, dans les rues de la ville, à célébrer avec des inconnus. C’était incroyable. Le public m’adorait. Après une longue blessure, j’avais retrouvé la compétition avec l’équipe réserve. Environ 3000 personnes sont venues assister au match et ont scandé mon nom pendant 90 minutes. Rien que d’en parler, j’en ai la chair de poule.


Ce soir, au stade Geoffroy-Guichard, vous pourrez vous procurer le numéro de Maillot Vert consacré à la rencontre face au PSG et ainsi découvrir tout ce qu'il faut savoir sur la rencontre. retrouvez également l'interview de Neven Subotic, la nouvelle vie de Christophe Landrin et la passion de Greg Vacher, fondateur du site ASSE-stats.


> Plus d’infos sur la Fondation Neven Subotic

http://nevensuboticstiftung.de



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