Le cinquantenaire de 76 Anciens Verts Jeudi 19 Mars 2026 à 10h23

Jean-Michel Larqué : "Sans cette Épopée, nous serions certainement d'autres personnes"

À quelques semaines du cinquantenaire de l'Épopée des Verts, Jean-Michel Larqué, capitaine de l'ASSE en 1976, évoque le programme de festivités qui s'annoncent riches en émotions !

Le cinquantenaire de l’Épopée des Verts, qu’est-ce que ça vous évoque ?

Ça symbolise autant le temps qui passe que la portée de cette performance. Ce cinquantenaire se tient car l’AS Saint-Étienne génère toujours autant d’intérêt et de passion. Il suffit de voir le nombre d’abonnés au stade en cette saison de Ligue 2 pour s'apercevoir que c’est un club à part. Humblement, je pense que nous avons une part de responsabilité dans tout ça. Ce cinquantenaire se fête dans un contexte où l’intérêt pour les Verts est toujours aussi fort. 


Cette saison 1975-1976 est l’un des moments forts, si ce n’est le plus fort, de votre carrière ?

Bien sûr. Il faut dire que j’ai connu deux grandes périodes à l’ASSE. De 66 à 70 puis de 73 à 77. Je suis un enfant gâté par les Verts. J’ai choisi tout à fait par hasard ce club, alors que 20 autres souhaitaient que j’aille chez eux. Bien m’en a pris, car ma plus grande chance, c’est d’avoir un jour dit oui à Monsieur Garonnaire. C’est à ce moment-là que tout a commencé. 


« Il y avait ce double aspect : entre la solidarité des joueurs et le travail, auquel on peut quand même ajouter cette petite pincée de talent ! »


50 ans plus tard, comment expliquez-vous la force de cet effectif ?

Je suis bien incapable de donner tous les mystères qui entouraient tout ça. Ce mystère qui a fait que des joueurs d’horizons, de mentalités et d’éducation différents s’entendent très bien… La preuve, c’est que 50 ans plus tard, nous sommes restés amis et nous nous retrouvons avec le même plaisir. S’il y avait une explication rationnelle à ça, tout le monde appliquerait la recette. Il y avait vraiment une osmose entre des joueurs très différents, certains exubérants comme Oswaldo Piazza et Christian Lopez, d’autres plus timides comme Christian Synaeghel et Dominique Rocheteau. Tout le monde tirait dans le même sens. Sur le terrain, il y avait quelque chose d’extraordinaire. On jouait pour soi, mais aussi pour les autres, sans que personne ne nous l’impose. 


Mais, ce n’était pas de la magie non plus…

Je crois aussi qu’on travaillait un peu plus que les autres avec Robert Herbin. Il y avait une responsabilisation de l’entraîneur, qui était tout à la fois : le manager, le préparateur physique, le spécialiste des gardiens de but… Quand on avait un problème, on savait à qui s’adresser. Il y avait ce double aspect entre la solidarité des joueurs entre eux et le travail, auquel on peut quand même ajouter cette petite pincée de talent (rires). Les pieds n’étaient pas trop carrés à l’époque ! 


Vous imaginiez alors que vos performances seraient encore saluées cinquante ans plus tard ? 

On ne voyait pas si loin, on ne se rendait pas compte de ce qu’on était en train de construire. Mais ça nous a fait du bien, car ça nous a permis de garder les pieds sur terre. Mais cette Épopée a évidemment changé ma vie. Si j’ai un jour été sollicité pour commenter les matchs à la télévision, c’est certainement parce qu’on avait marqué les esprits. 


Avez-vous encore des regrets, même si les années sont passées ?

Bien sûr qu’on en a, je ne comprends pas ceux qui disent ne pas avoir de regrets dans la vie. On regrette d’avoir perdu cette finale, car tout aurait été plus formidable ensuite. En plus, ce scénario du match nous en a donnés encore plus. 


« On a vécu des moments rares ensemble et ce maillot Vert représente tout pour nous ! »


Malgré tout, c’est tout un pays qui a été marqué par cette aventure sportive !

La ferveur nationale nous intéressait peu. On était focalisés sur ce qu’il se passait à Geoffroy-Guichard. Fendre la foule derrière la tribune Pierre-Faurand pour aller s’échauffer sur le terrain annexe, c’est un souvenir extraordinaire que les plus jeunes ne connaîtront pas. Ça marque ! La descente des Champs-Élysées m’a beaucoup moins marqué. Chez nous, c’était Geoffroy-Guichard et ce terrain annexe.


Quel lien vous unit aujourd’hui à vos coéquipiers de l’époque ?

On se voit une à deux fois par an tous ensemble, en étant heureux de se retrouver. On a des choses à se raconter. Nous avons vécu une aventure exceptionnelle. Si ça n’avait été qu’une relation professionnelle, on ne se retrouverait pas toutes les années depuis 50 ans. Il y a chez nous tous une véritable envie de partager, car nous sommes très conscients que cette aventure-là a bouleversé nos vies. Sans cette Épopée, nous serions certainement d’autres personnes. 


On vous retrouvera prochainement tous ensemble à Geoffroy-Guichard, face à Amiens, où vous serez de la partie ! 

De la partie ? Disons plutôt que nous serons en tribune. Je ne crois pas que nous pourrions rendre des services sur le terrain (rires). Évidemment nous serons là, en croisant les doigts si vous voyez ce que je veux dire ! On est honorés de voir que l’ASSE participe à cette commémoration. On est surtout émus, car les années passent, les rencontres vont se faire de plus en plus rares… C’est plus qu’une fierté. Et quand je vais au stade, la gorge est toujours un peu serrée, parce que ça rappelle de grands souvenirs. Et cette ferveur qui est toujours là… Ce sont peut-être des petits-enfants de nos supporters de l’époque qui sont là. Que tout ça continue, que tout ça persiste ! Je mets ce cinquantenaire sous la bannière de l’émotion. Et je pense que mes coéquipiers aussi !


Avec une pensée pour ceux qui ne sont plus là…

Bien sûr, que ce soit Georges Bereta, Salif Keita, Gérard Farison ou évidemment Robert Herbin. C’est aussi pour ça qu’on s’appelle plus souvent qu’auparavant, qu’on se souhaite plus régulièrement la bonne année au mois de janvier. On a vécu des moments rares ensemble et ce maillot Vert représente tout pour nous. On aurait voulu le porter encore plus haut… mais je me dis qu’on a quand même dû faire les choses pas trop mal ! On était en tout cas fiers, et je suis persuadé, car on me l’a dit plusieurs fois, qu’on a surtout rendu le peuple stéphanois fier. Et, depuis, il nous l’a bien rendu. 

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