Jean-Louis Gasset: "Parfois, il faut qu'on soit fous!"
Le technicien a vécu un match particulier sur son banc. Menée au score, puis vainqueur sur le gong, son équipe lui a réservé un scénario plein de rebondissements, dont il a forcément apprécié le dénouement.
Pouviez-vous prévoir un tel scénario?
Impossible. Ça arrive dans une carrière d’avoir des matches comme ça, des matches un peu fous. 4-3, à la dernière minute, c’est bien. C’est bien qu’on le gagne. Il y a trois points au bout et c’est le principal. On a passé un mois d’octobre très pauvre avec 2 points sur 9. Aujourd’hui il fallait tout donner et renouer avec la victoire. Les joueurs sont allés au bout des choses. Les remplaçants ont été excellents. C’est comme ça que j’aime le groupe de Saint-Étienne. L’équipe a des qualités et des défauts. Quand vous prenez deux buts sur corner et une touche longue… On savait qu’ils excellaient sur les phases arrêtées. Malgré tout, on n’était pas abattus à la mi-temps. J’ai demandé aux joueurs de continuer à passer par les côtés, d’avoir la maîtrise du jeu, de ne pas s’énerver. Malgré le but du 2-3, le public a eu une réaction magnifique. Ils nous ont portés pour égaliser et gagner.
Quels ingrédients a-t-il fallu mettre pour renverser une rencontre qui semblait mal embarquée?
Surtout de la détermination. Quand on a été menés, il y a eu une espèce de rébellion. C’est ce que j’ai aimé. Mes joueurs ont trouvé injuste le fait d’être menés. Ce don de soi me plaît. On peut manquer des tirs, des passes, des contrôles. Mais, devant un public comme ça, aller au bout des choses est une obligation. Et je parle du groupe dans son ensemble, des quatorze joueurs, des onze qui débutent et des trois qui entrent. Le groupe était au complet pour le match d’aujourd’hui. C’est rare depuis le début de saison.
Les attaquants sont allés dans la profondeur, ont fait des appels et se sont replacés. C’est ça que je veux.
Auriez-vous aimé plus de maîtrise après le but du 2-1 en votre faveur?
On ne maîtrise pas les matches comme notre deuxième mi-temps, avec des opportunités et des occasions. Malgré cela, après 6 matches à domicile, nous en sommes à 4 victoires et 2 nuls. On essaie de répondre positivement à chaque scénario. Quand les joueurs sont dans cet état d’esprit, c’est plus facile.
Vous demandiez plus de constance à vos hommes avant la rencontre.
On avait eu des trous d’air, assez souvent. Là, j’ai la sensation que même s’il y a eu des moments où on a peiné pour récupérer le ballon, on est allés au bout des choses à chaque occasion. L’animation offensive a été bonne. Les attaquants sont allés dans la profondeur, ont fait des appels et se sont replacés. C’est ça que je veux.
L’emporter après autant de rebondissements est-il encore plus déterminant pour le moral de votre groupe?
Une victoire, c’est toujours bon pour la confiance. Prendre trois points après un mois compliqué comme on vient de le vivre, c’est une bonne chose. Maintenant, si on se relâche et qu’on joue comme des sénateurs, on n’est pas bons. Parfois, il faut qu’on soit fous! La semaine prochaine, on affrontera Reims, une des meilleures défenses. Ça va être encore un match où il faudra être patient, être technique et marquer sur nos occasions.
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