Jean-Louis Gasset:

Jean-Louis Gasset: "La route est encore longue"

Le technicien stéphanois veut repousser toute tentative de relâchement avant le déplacement à Lille, ce samedi (17h). Un match qui sera marqué par les retrouvailles avec Christophe Galtier, son homologue au LOSC, un entraîneur et un homme que Jean-Louis Gasset apprécie.

Pros Jeudi 04 Octobre 2018 à 15h03

Le LOSC débutera la rencontre de samedi en étant deuxième au classement. Pensez-vous que cela peut durer ?
Bien sûr. Ils sont complets. Ils ont des atouts offensifs, l’une des meilleures défenses du championnat et un bon gardien, que je connais bien. C’est une bonne équipe. Ils sont dans les 6 ou 7 clubs qui vont postuler pour le haut de tableau. À domicile, ils ont gagné 4 fois, marqué beaucoup de buts. Ils ont déjà deux joueurs à 5 buts. C’est un déplacement périlleux.

Craignez-vous particulièrement leur animation offensive ?
Ils ont quatre joueurs d’attaque. C’est une équipe qui a des jambes, du dribble, de la percussion. La clé sera notre faculté à bien tenir le ballon au milieu. Si on est bons techniquement, on pourra se situer plus haut sur le terrain. S’ils ont le ballon, on devra jouer bas et attendre.

Est-ce un vrai test après seulement 8 journées disputées ?
On a déjà joué contre Paris. Et on a été testés. On vient aussi de jouer contre Monaco. Ils étaient peut-être dans une mauvaise passe mais, hier, ils ont joué en Ligue des Champions. Ce n’est pas anodin. Lorsqu’on est allés à Montpellier, cette équipe était dans le top 5. Chaque match est une histoire. Comment ça va se dérouler, va-t-on finir le match à onze ? On ne connaît jamais le film avant. C’est ce qui est beau dans ce métier. Même avec 30 ans de banc, on ne connait pas le scénario.

Ce match verra Jonathan Bamba, votre ancien joueur, évoluer contre son club formateur.
Cet été, j’ai été en relation continue avec lui. Je ne parlais que de carrière et de projet sportif avec lui. Je pensais pouvoir arriver à lui faire comprendre qu’il devait rester ici un an de plus. Malheureusement, il y a un paramètre que je ne maîtrise pas, c’est l’argent. Mais, quand je le vois, je vois quelqu'un avec un grand avenir.


J’appréhende le relâchement. Il ne faut pas se la raconter parce que l’on a gagné trois matches de suite. C’est le danger qui nous guette.


Face à l’AS Monaco (2-0), et plus généralement lors des trois derniers matches, l’association entre Ole Selnaes et Yann M’Vila a porté ses fruits.
Les équipes fonctionnent souvent avec des doublettes : les deux défenseurs centraux, l’arrière et l’ailier, etc. Je connaissais moyennement Ole, mais je le voyais jouer sentinelle, seul devant la défense. Je savais qu’il lui fallait quelqu’un à ses côtés, au moins aussi bon techniquement, et avec un pied fort inversé. Cette paire marche très bien car Yann augmente son niveau physique et sort de trois bons matches. Ole prend de plus en plus d’assurance, il fait des passes décisives. Comme l’équipe, il peut progresser sur le fait de marquer des buts, tenter de loin. Mais, il faut qu’à côté de lui le joueur soit techniquement complet, qu’il comprenne le jeu. Là, c’est le cas. Ils ne se parlent pas souvent, mais quand ils se donnent le ballon, c’est dans les meilleures conditions possibles pour que l’autre puisse jouer rapidement vers l’avant. Ça fait toute la différence.

Votre homologue, Christophe Galtier, a passé neuf ans sur le banc de l’ASSE. Comment jugez-vous son parcours personnel ?
Christophe est quelqu’un que j’apprécie beaucoup. On a eu un petit peu le même parcours puisqu’on a été propulsés numéro un après avoir été numéro deux. Ici, il a pris en charge une situation difficile pour son premier challenge. Il a rattrapé le coup tout de suite et a emmené l’équipe plusieurs fois en Europe. Avec, en cerise sur le gâteau, la Coupe de la Ligue, dans un club qui avait passé une longue époque sans gagner de titre. Il a marqué l’histoire. C’est une personne qui travaille très bien et que j’aime beaucoup. Quand je regarde son recrutement, il est très malin. Cette saison, il a moins de pression et son équipe est en train de trouver le rythme.

Après trois victoires consécutives, quel écueil doit éviter votre équipe ?
J’appréhende le relâchement. Il ne faut pas se la raconter parce que l’on a gagné trois matches de suite. C’est le danger qui nous guette. On n’est même pas encore arrivés à un quart du championnat et on a encore beaucoup de travail. Contre Monaco, on a fait une grande première mi-temps, certes, mais on a loupé des buts et (Stéphane) Ruffier nous a sauvés. Il faut en être conscient. Ils nous ont fait mal et, dans la logique de la rencontre, ils auraient certainement dû réduire l’écart. J’essaie de mettre en garde mon groupe. Il faut trouver l’équilibre entre la confiance et le relâchement. Plus on va s’approcher du match, plus on va serrer la vis. Mon travail, c’est de leur faire prendre conscience que la route est encore longue. On n’a pas paniqué après Paris, je ne veux pas que l’on se relâche après notre belle semaine dernière. Tous les matches sont des examens et on doit réussir l’examen de Lille.

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