Jean-Louis Gasset:

Jean-Louis Gasset: "Donner de la fierté au public"

L’expérimenté technicien vivra dimanche soir son premier derby à Geoffroy-Guichard. Pour lui, le facteur Chaudron, décisif face à l’OM, sera un grand atout pour son groupe.

Pros Samedi 19 Janvier 2019 à 15h15

Ce sera votre premier derby à domicile. Comment l’appréhendez-vous ?

Je ressens beaucoup d’excitation par rapport à tout ce qu’il se passe autour. Il y a un an qu’on me parle de ça. J’en ai fait deux, mais les deux chez l’adversaire. Je me languis de voir ça. On m’a dit que le stade sera à guichets fermés. Je m’imagine l’ambiance.

Quel regard portez-vous sur l’OL ?
C’est une équipe irrégulière face à des équipes plus modestes mais présente dans les grands rendez-vous. Sortir des poules de C1, et je peux vous en parler, avec City et Donetsk comme adversaires, c’est une grosse performance.

Vous estimez-vous favoris de cette rencontre au vu du classement ?
Favoris ? Comparez le budget, l’effectif, les infrastructures et vous verrez que, même si on a beaucoup de choses pour nous, normalement, on ne boxe pas dans la même catégorie. Mais ça reste un derby qui se joue chez nous. On est invaincus à la maison. Et, surtout, on a un public unique qui nous transcende. Parfois, même si on ne maitrise pas le jeu, on ne lâche rien. Ces gens ne nous sifflent pas, ils sont avec nous, ils souffrent avec nous et ils nous poussent. Je suis convaincu qu’ils ont donné la force à Wahbi pour frapper la dernière balle mercredi soir. Ça, c’est unique.


On a un public unique qui nous transcende


Le classement ne compte donc pas ?
Il ne change rien du tout. Le classement est anecdotique pour le moment. Il restera beaucoup de matches après celui-là. Sur l’année civile, on est quatrièmes. Si ça finit comme ça, ça me va très bien. Le PSG et l’OL sont les deux équipes programmées pour la Champions League car ils ont l’effectif et le budget pour. Je répète : on ne pense pas au classement. Je suis concentré sur mon objectif de mettre l’équipe dans les meilleures conditions afin qu’elle fasse un grand match. C’est le jour pour être nous-mêmes. Il faut que l’on soit à la hauteur, que l’on donne tout. Après, le résultat, je ne peux pas le connaître.

Que retenez-vous de l’atmosphère de cette semaine particulière ?
Dès le lundi on m’a dit : "dimanche, il y a un match". J’ai répondu: "et celui de mercredi, il est annulé ? (rires)" Je connais la rivalité, j’apprends à connaître ce qu’il y a autour de ce match. J’étais concentré sur Marseille car je savais que pour préparer Lyon il nous fallait un bon résultat. On sait ce qu’on a mal fait mercredi. On s’est un peu mis la pression. Je n’ai peut-être pas été terrible dans la présentation. Je ne ferai pas la même erreur. Malgré tout, je pense que c’était bien d’affronter un grand adversaire peu avant le derby. Si on avait joué une équipe un peu moins huppée on aurait pu avoir la tête à dimanche. Là, on savait que Marseille allait faire un grand match et ils l’ont fait. Avoir cette rencontre puis trois jours entiers de repos, c’était bien.


Sur un match, dans un tel stade, il y a la possibilité de faire quelque chose


À l’aller, vous aviez exprimé vos regrets de ne pas avoir fait un meilleur résultat.
C’est vrai. La saison dernière, on avait fait un bon match nul, on avait fait jeu égal avec eux. Cette saison, on a eu les opportunités en première mi-temps. Lyon a ensuite un peu poussé, marqué sur un coup de pied arrêté, et on a fini fort parce qu’ils ont terminé à dix. Savoir garder ses nerfs fait partie du derby. Il faut motiver mais pas exciter.

Redoutez-vous un traitement particulier sur Wahbi Khazri ?
Toutes les équipes ont un joueur qui font la différence. Lyon en a plusieurs. Depay, Fekir, Aouar… Nous, on est un collectif. Tout le monde doit être solidaire pour essayer de donner cette fierté aux gens. L’objectif, dimanche, sera celui-là : donner de la fierté au public. Il le mérite. J’étais resté ici pour vivre ça. Même si l’adversaire a plus de moyens, sur un match, dans un tel stade, il y a la possibilité de faire quelque chose.

Avez-vous déjà en tête le discours que vous livrerez à vos joueurs avant le coup d’envoi ?
Oui, à peu près. Après, il y a le moment, les regards des joueurs, que j’ai besoin de voir. Je dois savoir ce qu’ils ont besoin d’entendre. De temps en temps, il faut juste apaiser les troupes, ne pas paniquer. Crier peut réveiller, oui. Mais, parfois, ça peut aussi "speeder". C’est au feeling.

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