#ASSERétro Musée des Verts Mardi 12 Mai 2020 à 09h14

Il y a 44 ans, les Verts marquaient les mémoires

Le 12 mai 1976, l’ASSE disputait la finale de la Coupe d’Europe des Clubs Champions face au Bayern Munich. Et en profitaient pour s’inscrire dans la mémoire collective de tout un pays.

Les habitants de Glasgow ont dû être étonnés, en ce 12 mai 1976, de voir débarquer autant de petits hommes Verts. Ils sont plusieurs dizaines de milliers à avoir posé leur journée, leur semaine ou, comme l’on dit communément à Saint-Étienne, "s’être mis en caisse" pour rallier l’Écosse. Certains ont sacrifié leur futur scolaire, alors que le baccalauréat débute à peine, d’autres leur salaire mensuel pour entreprendre ce long voyage vers Hampden Park, où les attend la finale de la Coupe d’Europe des Clubs Champions opposant l’ASSE au Bayern Munich.


Un France-Allemagne avant l’heure

Sportivement, ce match a des allures de finale rêvée. Le grand Bayern Munich, équipe dominante du continent, est double-tenant du titre. La colonne vertébrale des Bavarois est impressionnante : il y a Sepp Maier, le meilleur gardien du monde, l’intraitable Franz Beckenbauer, futur Ballon d’Or, et Gerd Müller, renard des surfaces et habile buteur. Cette ossature est celle de l’équipe nationale d’Allemagne, championne d’Europe en 1972 et championne du Monde en 1974.


En face, bien qu’outsiders, les Stéphanois comptent dans leurs rangs les cadres de l’Équipe de France. Ils doivent malgré tout faire face à une incertitude appelée Dominique Rocheteau. Blessé en demi-finale face au PSV Eindhoven (1-0, 0-0), l’Ange Vert est incertain. Sans le savoir, l’attaquant va vivre une première fois de près la froideur allemande. Avant 1982 et 1986, Séville et le réalisme germain, c’est tout l’Hexagone qui, malgré ses efforts, va buter sur le gigantisme du Bayern.


"Ce n’est pas le meilleur qui a gagné"

Le match en lui-même est dominé par les Verts. Après avoir éliminé le Dynamo Kiev d’Oleg Blokhine, puis le PSV pourvoyeur de talent de la sélection néerlandaise, les Stéphanois visent un troisième exploit. La première période est rageante. Ils heurtent par deux fois les montants et le but se refuse à eux. Dominique Bathenay et Jacques Santini touchent du bois, mais du bois carré. Les fameux "Poteaux Carrés" sont nés.



Malgré ces occasions, les Verts ne trouvent pas la faille. Le Bayern, lui, sans réaliser une grande partie, va se contenter du coup-franc de Franz Roth, à la 57e minute, pour l’emporter. Joué rapidement par l’habile Beckenbauer, le ballon échappe à Ivan Curkovic pour quelques centimètres. Le lendemain, la presse est unanime. "Ce n’est pas le meilleur qui a gagné" titre le journal espagnol MARCA, sans doute encore courroucé de l’élimination du Real Madrid par le Bayern Munich au tour précédent. Pour The Sun, "les Allemands ont volé la Coupe aux Français".


Les Verts perdent la coupe mais gagnent les cœurs

Le football français venait de vivre dix-sept ans de traversée du désert. En effet, depuis le Stade de Reims, aucun club tricolore n’était parvenu à se hisser en finale d’une Coupe d’Europe. Les Verts étaient ainsi devenus l’équipe de tout un pays, les hommes en vogue du moment, et le stade Geoffroy-Guichard accueillaient régulièrement des célébrités venues des médias, de la chanson et du monde du spectacle en général. Robert Herbin et Dominique Rocheteau étaient alors les deux personnages centraux du football français. Stratège et génie de l’ASSE, ils portaient le 12 mai 1976 le poids de tout un pays.


Aujourd’hui, quarante-quatre ans après, les souvenirs sont toujours tenaces. Pour ceux qui étaient en âge de raison, les "Poteaux Carrés" font partie des souvenirs éternels de l’enfance, des madeleines de Proust d’une génération qui s’est éveillée au football à travers l’ASSE. Mieux, le Vert se fait une place dans le cœur des Français qui ne regarderont dès lors plus Saint-Étienne comme auparavant. Ces petits hommes Verts ont fait rêver un peuple entier.  

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