Embarquement immédiat pour ascenseur émotionnel
16 février 2000 : ASSE 5- 4 Montpellier
Un scénario abracadabrantesque que le grand Alfred Hitchcock himself n'aurait pas renié, une avalanche de buts, des vents contraires puis porteurs : le Peuple Vert aura été emporté par la houle, une grande et belle vague de bonheur. De celles qui vous valent de surfer sur la confiance et la réussite, entre plénitude et efficacité. Et pourtant tout avait bien mal commencé pour des Verts au bord de la crise de nerfs après avoir été boutés de la Coupe dans leur Chaudron par une formation de Ligue 2, Lorient, et n'ayant pris qu'un point lors de leurs six dernières sorties en championnat.
Opposés à la lanterne rouge, Montpellier, les hommes de Robert Nouzaret, privés des services de Lucien Mettomo, vainqueur de la CAN, cèdent à deux reprises lors de vingt premières minutes à l'envers. La faute à la pression, sans doute, évoquée dans les colonnes de "La Tribune" par Stéphane Pédron : "Je n'ai jamais connu une trouille pareille. Nous avons été minables puis extraordinaires. C'est incompréhensible." Extraordinaires donc à l'instar du défenseur norvégien, Bjorne Tore Kvarme sonnant la révolte et impliqué sur les trois buts foréziens inscrits avant la pause par Stéphane Pédron, José Aloisio et Alex Dias, signant-là le 3000e but de l'ASSE parmi l'élite. Mieux, au retour des vestiaires, les Stéphanois enfonçaient le clou par l'intermédiaire de l'ex et futur Montpelliérain, Bruno Carotti (4-2). L'affaire semblait entendue.
Or, les Héraultais de Michel Mézy, sous la neige, allaient totalement se relancer en inscrivant, coup sur coup, deux buts. Les Ligériens de naissance - le Stéphanois Olivier Sorlin et le Montbrisonnais Philippe Delaye - sont alors en passe de jouer un bien vilain tour à leur club de cœur (4-4). Une faute de main de leur portier, Rudy Riou, sur une frappe d'Aloisio les privera d'un score de parité. Les Verts peuvent exulter au terme "de ce match de dingues", selon leur coach. Ils venaient de renouer avec la victoire qui les fuyait depuis le 12 décembre 1999 face à l'OM; ils avaient, ce jour- là, également trouvé la faille à cinq reprises (5-1) ! Quant à Loulou Nicollin, il ne se berçait plus de douces illusions: "Cette fois, nous avons les deux pieds dans la tombe !" À l'issue de la saison, que les Verts boucleront au 6e rang, Montpellier connaîtra en effet les affres de la relégation.
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