#ASSERCSA Pros Jeudi 10 Septembre 2020 à 16h17

Claude Puel : "Un nouveau challenge"

Avant la réception de Strasbourg ce samedi (21h), au Stade Geoffroy-Guichard, le Manager général de l'ASSE a expliqué comment il maintenait son groupe en forme dans un contexte incertain et s'est aussi attardé sur le protocole sanitaire qui empêche les clubs de donner du temps de jeu, en réserve, à leurs jeunes joueurs en formation.

Le transfert de Loïs Diony a été officialisé ce matin. D'autres départs et des arrivées sont-ils à prévoir lors des prochains jours ?
Je n'entre pas dans ce genre de considérations, je ne commente que les faits. Loïs Diony vient effectivement de nous quitter. Il n'a pas trouvé son rythme de croisière à Saint-Étienne. Comme tous les joueurs, il a besoin de d'exprimer et d'avoir du temps de jeu pour reprendre le cours de sa carrière. 


Certains médias ont évoqué un éventuel transfert de Wesley Fofana...

Il n’y a pas de débat. Il va rester à l’ASSE pour poursuivre sa progression, atteindre des objectifs personnels comme peuvent l’être des sélections nationales, et s’épanouir dans un environnement sain. C’est un jeune prometteur qui évoluait avec l’équipe réserve la saison dernière et à qui j’ai donné sa chance. En seulement 17 matches de championnat, il a accompli des progrès mais il en a encore beaucoup à faire. L’aspect sportif est prioritaire pour lui comme pour nous.

Votre match contre Strasbourg survient quinze jours après votre première victoire aux dépens de Lorient (2-0). Il s'agira seulement de votre troisième match officiel en trois mois. Comment devez-vous l'aborder ?
Comme un nouveau challenge. On ne sait pas vraiment où on se situe par rapport aux autres, sur le plan physique, à cause des différentes coupures. On a réalisé une bonne prestation contre Lorient mais il y a des choses à corriger. Strasbourg aura certainement digéré ses deux premiers matches et se présentera face à nous avec beaucoup de répondant et de solidité physique. En début de saison, il ne faut pas s’arrêter aux résultats.

La situation sanitaire et les différentes coupures perturbent-elles beaucoup la planification des entraînements  ?
Il faut savoir doser les séances pour que les joueurs puissent répondre présent le jour du match. On met beaucoup d’intensité dans le travail quotidien, on répète les situations, on prépare tous les plans de jeu mais rien ne remplace la compétition. On fait en sorte de bien respecter les consignes sanitaires et les gestes barrières. On subit régulièrement des tests, quarante-huit avant chaque match. On s’y fait, notre nez un peu moins (rires). On essaie de rendre l’anormalité la plus normale possible.


Je ne suis pas satisfait de la manière dont ces jeunes sont traités : ils ont besoin de temps de jeu, mais ne peuvent pas évoluer normalement avec l’équipe réserve car celle-ci est confrontée à des clubs amateurs qui ne sont pas dans l’obligation de tester leurs joueurs et, par conséquent, ne le font pas.


La LFP a récemment allégé son protocole sanitaire (*). Êtes-vous satisfait des modifications apportées?
J'avais dit que le protocole défini pour le début du championnat n'était pas cohérent et ne favorisait pas l'équité sportive. Mon intervention a contribué à nourrir le débat. Le nouveau protocole va dans le bon sens mais il subsiste encore des problèmes. On a cédé les droits TV à un nouveau diffuseur, qui a acheté un produit qu’on appelle "La Ligue des Talents". On parle ici de nos jeunes joueurs, des garçons à qui on promet un très bel avenir. Mais pour cela, on a besoin de les former de la meilleure manière possible. Je ne suis pas satisfait de la manière dont ces jeunes sont traités : ils ont besoin de temps de jeu, mais ne peuvent pas évoluer normalement avec l’équipe réserve car celle-ci est confrontée à des clubs amateurs qui ne sont pas dans l’obligation de tester leurs joueurs et, par conséquent, ne le font pas. Si on met un jeune joueur à la disposition de la réserve, on ne peut pas le réintégrer immédiatement dans le groupe professionnel.  Il faut attendre 5 jours, soit. C’est une situation anormale et qu’on ne doit pas accepter. Tout le monde botte en touche. Que se passera-t-il lorsque les clubs professionnels feront leur entrée en Coupe de France ? Les clubs amateurs seront-ils dans l'obligation de tester tous leurs joueurs et leur encadrement ? Rien n'a été anticipé. 


Vous êtes aussi contraints de jouer dans des stades pratiquement vides…
On doit apprendre à évoluer sans nos supporters. D’un autre côté, ça me permet de bien intervenir et de parler davantage aux jeunes joueurs alors qu’en temps normal, on doit attendre la mi-temps. On peut ainsi réagir assez vite sur certaines situations. En revanche, je ne comprends pas pourquoi on a établi une jauge de 5000 spectateurs, ni pourquoi celle-ci peut être augmentée dans certaines villes et pas dans d'autres. C’est fait à la carte !  Ça ne repose pas vraiment sur le fait qu’une région soit plus impactée qu’une autre mais surtout sur la décision d’une personne, d'un préfet. Il n'y a pas non plus de cohérence sur la jauge de départ. Pourquoi 5000 personnes quelle que soit la capacité d'accueil du stade. Il serait déjà plus logique que la jauge soit proportionnelle à la capacité d’accueil du stade.


(*) Un match pourra avoir lieu tant que 20 joueurs de chaque club , sur un effectif de 30 joueurs, seront testés négatifs.

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