Sur les traces de... Pros Jeudi 23 Avril 2020 à 15h20

Charles Abi, l'assidu clermontois

Arrivé au centre de formation de l'AS Saint-Étienne il y a 5 ans en provenance du Clermont Foot, le jeune attaquant a immédiatement surpris par sa maturité et sa détermination.

Échanger avec Charles Abi, c’est l’assurance d’être impressionné par la maturité de ce jeune homme de 20 ans. Poli, souriant et affable, le jeune attaquant de l’ASSE a certainement grandi plus vite que les autres. Au propre comme au figuré. Il a rapidement acquis un physique d’athlète. Humainement, le Clermontois a toujours eu de l’avance. "Il a une ossature hors norme et il s’est renforcé très rapidement à l’adolescence, explique Julien Sablétémoin de son arrivée à l’ASSE et de son éclosion au plus haut niveau. Il a dû se consolider. Mais, il était tellement en avance qu’il a fallu aussi gérer sa frustration. Heureusement, son entourage, notamment sa maman et sa grande sœur, l’ont aidé à toujours garder la tête sur les épaules. Humainement, Charles, c’est un bonheur.


Première titularisation, premier derby

Repéré par Gérard Fernandez alors qu’il évoluait au Pôle Espoirs de Vichy, Charles Abi arrive à L’Étrat en 2015. Après un match amical face aux U15 du club, l’attaquant intègre rapidement le centre de formation du club stéphanois. Auparavant, six ans au Clermont Foot mais aussi et surtout un long voyage au Togo, le pays de son père, ont constitué un premier templin. Durant l'année qu'il passe en Afrique, les matches dans la rue développent la soif d’apprendre du jeune Charles. "Mon arrivée à Saint-Étienne fut celle dont j’avais rêvée, témoigne le jeune attaquant. Le Président  Roland Romeyer a invité toute ma famille à déjeuner puis nous sommes allés voir un match à Geoffroy-Guichard. Quand j’ai vu l’ambiance qu’il y avait, inévitablement j’ai pensé au fait que je voudrais y jouer un jour."


Il ne demande pas beaucoup de choses mais met systématiquement en application ce qu’on lui dit (Julien Sablé)

Avant cela, il faudra travailler, travailler et encore travailler. Charles Abi peut compter sur les deux femmes de sa vie. Seul garçon d’une famille de trois sœurs, la plus jeune d’entre elles suit de près l’évolution de son cadet. Quant à la maman, elle quitte son travail et rejoint Saint-Étienne, où elle garde un œil sur son jeune fils. Toujours surclassé, l’attaquant grille les étapes. À l’écoute, il ne cesse de progresser. "Il ne demande pas beaucoup de choses mais met systématiquement en application ce qu’on lui dit, confirme Julien Sablé, ex-directeur du centre de formation devenu entraîneur adjoint du groupe pro. Avec lui, j’ai énormément échangé. Quand je l’ai vu débuter à Nice la saison dernière, j’étais très ému. Des U15 jusqu’aux pros, j’ai vu son évolution.


Charles Abi, un joueur-clé de l'épopée victorieuse en Coupe Gambardella, la saison dernière


Après quelques bouts de matches en Ligue 1 Conforama, une victoire en Gambardella avec les U19, et des buts en N2, Charles Abi change définitivement de dimension le 6 octobre dernier au soir d’un 119e Derby face à l’OL. "Quand j’apprends que je suis titulaire, c’est la folie dans ma tête. J’ai appelé ma maman, puis ma sœur, et j’ai tenté de me concentrer sur le match", explique-t-il, le sourire aux lèvres. 


"Jouer comme il l’a fait vu le contexte et l’importance du match, je lui tire mon chapeau, atteste Julien Sablé. Il a parfaitement géré le stress d’une première titularisation et a respecté toutes les consignes du coach." Pas le dernier pour fêter ce succès au coup de sifflet final, Charles Abi s’est ensuite replongé dans le travail. Une (bonne) habitude. Julien Sablé : "Dès le lendemain, il était redescendu de son petit nuage, concentré sur la prochaine échéance." Pour laquelle on lui souhaite la même réussite.

Expériences ASSE

Palmarès