#ASSERétro Musée des Verts Mardi 12 Mai 2020 à 15h42

1976, une Épopée et des exploits

Avant de défier le Bayern Munich, les Verts avaient réalisé un parcours européen unique, truffé de victoires retentissantes et de succès historiques.

Le Bayern, déjà bourreau la saison précédente

Champions de France en 1974, 1975 et 1976, les Verts n’ont pas de rivaux en France. Alors, l’Europe devient une obsession. Le Président Roger Rocher en est persuadé, l’ASSE peut permettre au football français de remporter sa première coupe d’Europe. Dix-sept ans après la finale du Stade de Reims perdue face au Real Madrid, les Verts portent haut les couleurs tricolores.


Le 12 mai 1976, ils font face au Bayern Munich, double champion d’Europe en titre, doté d’une armada de stars et pourvoyeur de la dominante équipe nationale d’Allemagne. Un an auparavant, les Stéphanois avaient déjà buté sur les Bavarois. C’était au stade des demi-finale et, après le 0-0 du match aller au stade Geoffroy-Guichard, ils n’avaient rien pu faire au retour (0-2).


D’exploit en exploit

À l’automne 1975, Les Verts repartent donc pour un tour. Le premier, comptant pour les seizièmes de finale, s’apparente à une simple formalité. Il faut tout de même attendre la deuxième période pour voir les Stéphanois dominer Copenhague sur ses terres. Vainqueurs 2-0 à l’aller le 17 septembre 1975, les hommes de Robert Herbin ne tremblent pas au retour et s’imposent 3-1 face aux Scandinaves.



Le tour suivant réserve un clin d’œil du destin. Les Verts retrouvent en effet les Glasgow Rangers, l’adversaire du premier match européen de leur histoire, en 1957. Éliminés dix-huit auparavant (1-3, 2-1), les Stéphanois ne vont cette fois-ci pas se laisser avoir par le fighting spirit. Patrick Revelli, mais aussi et surtout Dominique Bathenay, qui inscrit le but du break à une minute du terme (2-0), permettent aux Verts de voyager léger en Écosse. Le 22 octobre, à Ibrox Park, ces derniers confirmeront leur domination (2-1) et signeront ainsi la première victoire française en coupe d’Europe sur le sol britannique.


Kiev, l’exploit d’une génération

Passé les fêtes de fin d’année, les Verts s’attaquent à un gros morceau au printemps 1976. En quarts de finale, ils défient le Dynamo Kiev du Ballon d’Or Oleg Blokhine. Vainqueur de la Coupe des Coupes la saison précédente, les Ukrainiens sont grands favoris. Le match aller, disputé dans un froid polaire, le confirme. Les Stéphanois vivent un enfer à Simferopol et s’inclinent de deux buts (0-2) devant mille supporters ayant fait le (long) déplacement en Topolev, ces avions soviétiques de l’époque. Au retour, ils vivront une soirée magique.


Condamnés à l’exploit, les Verts se réfugient dans le travail. Pierre Garonnaire et Robert Herbin ont pu étudier le jeu du Dynamo grâce à des vidéos de l’équipe ukrainienne, qui a affronté le PSG et le FC Nantes lors de deux matches amicaux. De quoi trouver quelques faiblesses à un adversaire longtemps intraitable. Dominateurs, les Verts ne trouvent pas la faille. Peu après l’heure de jeu, on les pense condamnés : Blokhine file seul au but et se présente face à Ivan Curkovic. Mais, Christian Lopez n’est pas décidé à quitter la Coupe d’Europe. Éliminé quelques secondes plus tôt par le Ballon d’Or, il effectue une intervention salvatrice, remonte le ballon, transmet à Oswaldo Piazza avant que les frères Revelli ne battent, enfin, Rudakov.



Dès lors, la raison s’envole et laisse place à la folie. Geoffroy-Guichard est incandescent. Il fait sans doute trop chaud pour des Soviétiques qui perdent pied dans le Chaudron. Jean-Michel Larqué expédie alors un boulet de canon sur coup-franc et permet aux Verts de refaire leur retard. Ces derniers sont épuisés mais, au bout de leurs forces, ils réussissent un exploit retentissant. Sur un long centre de Patrick Revelli, Dominique Rocheteau, au point de penalty envoie les Verts en demi-finales. Saint-Étiene chavire !


Le PSV et un mur yougoslave

Vainqueurs à l’aller sur un but d’écart (1-0), les Verts se rendent à Eindhoven avec un maigre avantage. Et, pour une fois ou presque, ce n’est pas à eux qu’incombe la tâche de renverser la vapeur. Le PSV attaque tambour-battant. Van de Kerkhov puis Edström se montrent dangereux mais Ivan Curkovic intervient. Ce sera le résumé de la soirée.


Imbattable, le portier stéphanois est dans un soir de grâce. Il réalise dix arrêts et frustre à lui seul les attaquant adverses. De son côté, Dominique Rocheteau pense donner la victoire aux siens mais voit son but, inscrit juste après le repos, annulé pour une position de hors-jeu. Au courages, aux valeurs et aux vertus, les Stéphanois tiendront jusqu’au bout. La légende verte est née. Bientôt, elle envahira Glasgow.

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