Attachant Gérard Farison ou la modestie incarnée
Disparu en 2021, Gérard Farison a marqué l'Épopée des Verts de 76 ! Retour sur l'histoire que tout le monde surnommait "Tachan" !
Un exemple. Un modèle. Un joueur de chez nous, respectueux des valeurs qui lui avaient été inculquées, des couleurs qu'il défendait âprement, de ce territoire pas tout à fait comme les autres, ce territoire auquel il était viscéralement attaché et dont il était un brillant représentant, lui qui cultivait l'humilité et abhorrait la lumière et les strass. Gérard Farison était attachant. Diablement. Définitivement.
De Terrenoire à Geoffroy-Guichard, des métiers à tisser de la passementerie Neyret à la pelouse du Chaudron, "Tachan", ainsi que l'avaient surnommé ses coéquipiers eu égard à sa ressemblance avec Henri Tachan, un chanteur des années 70, a toujours œuvré dans l'ombre. Avec rigueur, compétence et fierté d'appartenance à une entreprise puis un club lui ayant donné sa chance, permis de s'exprimer, de s'élever socialement sans jamais renier ses origines et un riche héritage industriel dont Saint-Étienne pouvait légitimement s'enorgueillir. Vainqueur de la Coupe Gambardella à l'âge de 18 ans en 1963, "Monsieur Trois poumons" s'est armé de patience avant de toucher le Graal, ne paraphant son premier contrat professionnel qu'à l'âge de 26 ans, barré qu'il était par Vladimir Durkovic, Francis Camerini et Gérard Folny, de fameuses pointures.
Le travail érigé en valeur cardinale
Footballeur-prolétaire, il était la synthèse parfaite d'une équipe, d'une ville, d'une époque. Sans jamais revendiquer un quelconque statut, réclamer des passe-droits, toquer à la porte du président ou de l'entraîneur. Ce n'était pas le genre de la maison. L'humilité chevillée aux crampons, Gérard Farison, travailleur inlassable, arpentant le flanc gauche avec une énergie, une détermination juste phénoménales, savait d'où il venait. Et ne l'a jamais oublié. Mieux, il en avait fait une force, un atout. Son ADN, sa marque de fabrique, sa singularité.
Arrière latéral moderne, véritable athlète s'épanouissant dans le football total - "on nous appelle l'Ajax de France", aimait-il à rappeler, Gérard Farison s'est construit un formidable palmarès avec les Verts.

Une fidélité remarquable aux Verts et à Terrenoire
En dépit d'un palmarès XXL (cinq titres de champion et trois Coupes de France), de ses 412 matches dont 33 sur la scène continentale, d'une fidélité sans faille à sa ville et son club, Gérard Farison aura connu une injustice. Celle de n'avoir été appelé qu'à une seule reprise chez les Bleus. Michel Hidalgo répara cette "anomalie", cette incongruité, en 1976 à Lens, face à la Pologne (2-0) : son unique cape avec Jean-Michel Larqué pour capitaine.
La frustration d'une finale vécue dans les tribunes
Et une terrible désillusion : celle d'avoir été privé de "l'aboutissement d'une carrière". Victime d'une entorse du genou et de la rugosité excessive des joueurs nîmois, le 5 mai 1976 dans le Chaudron, il fut en effet privé, tout comme Christian Synaeghel, de la finale de la Coupe d'Europe des Clubs Champions, à, Glasgow, face au Bayern de Munich et un revers frustrant sur le score d'un but à zéro. Sans mot dire, Gérard Farison ravala son immense déception et repartit au combat. Au boulot. Avec modestie et la satisfaction du travail bien fait.
Joueur emblématique de l'AS Saint-Étienne, Gérard Farison, un grand Monsieur, un acteur essentiel de l'épopée des Verts, nous a quittés en 2021, à l'âge de 77 ans.

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