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13/06/2012

Ligue 1
Interview

Bernard Caïazzo : «L’ASSE est en ordre de marche»

Bernard Caïazzo, Président du Conseil de surveillance, dresse le bilan de la saison 2011-2012. Il évoque la marge de progression de l’équipe professionnelle, la situation financière saine et le fonctionnement du club.

Quel bilan sportif faites-vous de la saison écoulée ?
Bernard Caïazzo :
«J’avoue que j’ai vécu la fin de saison avec une certaine déception, un peu comme un bon film qui se termine par un accident, à cause des résultats contre Nancy et Bordeaux. J’ai envie de revoir les héros du film prendre leur revanche lors du prochain épisode, avec la saison qui vient. Il faudra que cela serve de leçon à l’avenir. Il faut rappeler le projet sportif de l’ASSE : progresser chaque saison en même temps que la rénovation du stade. Or, l’ASSE a progressé au niveau du jeu pratiqué cette saison comme au classement. L’objectif est de devenir un club européen régulier, en 2014 au moment où le stade sera terminé. Il y a encore du travail et la concurrence ne dort pas mais j’ai confiance dans ce staff sportif et dans ce groupe de joueurs. Il y a aussi des jeunes qui montent et il faudra compter avec eux.»

 

«Les réunions avec la DNCG se sont bien passées car l’ASSE tient ses engagements»

Quelle est la situation financière de l’ASSE ?
B.C. :
«Le Directoire doit présenter le bilan financier, à la fin du mois, au Conseil de surveillance. Contrairement à la plupart des clubs en France, l’ASSE ne perdra pas d’argent et sera à l’équilibre. Les réunions avec la DNCG se sont bien passées car l’ASSE tient ses engagements. Certes, nous subissons, à cause de la rénovation du stade, une baisse d’affluence qui nous fait perdre des ressources.
Par ailleurs, on va vers une baisse de 10 % des ressources TV si bien que le Directoire est astreint à une gestion prudente. C’est pourquoi le Directoire a conçu une politique de salaires basée sur de fortes primes. Par exemple, un jeune comme Faouzi Ghoulam a gagné près de 310 000 euros cette saison, en grande partie grâce aux primes. Les joueurs régulièrement titulaires augmentent leur salaire d’au moins 30 % grâce aux primes de résultats. Ainsi entre la 8e et la 3e place, l’ASSE reverse presque tous les bonus financiers de droits TV aux joueurs. C’est une relation gagnant–gagnant avec les joueurs et le staff.»

Quelle est la part des rapports humains dans le bon fonctionnement du club ?
B.C. :
«Les relations humaines conditionnent la réussite d’un club. A l’ASSE, il y a une harmonie entre les hommes qui fait plaisir à voir.
Chacun est rodé dans sa fonction et la communication interne fonctionne. En ce qui me concerne, j’essaie d’avoir la hauteur suffisante pour apporter des conseils à chacun si besoin est. Cette harmonie règne aussi dans le staff et au sein du groupe de joueurs. La direction du club montre l’exemple de l’union et du partage. Il est logique que cela suive à tous les niveaux. Même quand, dans la saison, l’ASSE a vécu une mauvaise série de résultats, j’ai toujours senti une direction compacte, peut-être encore plus dans la difficulté. Les hommes, qui dirigent l’ASSE aujourd’hui, partagent la même logique et les mêmes valeurs. C’est pourquoi l’ASSE est en ordre de marche.»

 

«Cet esprit de revanche va conditionner la saison prochaine» 


Etes-vous optimiste pour la saison prochaine ?
B.C. :
«En football, tout va très vite. Il y a moins de dix-huit mois, le Real de Mourinho venait à Auxerre en Ligue des champions. Où est Auxerre aujourd’hui ? Il faut donc rester modeste et travailleur. Les fondamentaux de l’ASSE sont bons : équipe de direction unie et compacte avec un bon esprit d’ouverture et de travail, finances équilibrées, progression des infrastructures, stade et centre d’entraînement ; staff technique compétent ouvert et motivé ; groupe de joueurs aux valeurs collectives fortes. Christophe Galtier veille à ce que les renforts qui viendront remplacer des garçons comme Laurent Batlles aient le même sens collectif. Si j’étais joueur de l’ASSE, je ne serais pas parti en vacances avec une totale satisfaction par rapport à notre fin de saison. J’aurais mené ma propre réflexion sur ma responsabilité sur les derniers matchs pour revenir plus fort, plus motivé et plus uni. J’espère que chaque joueur de l’ASSE profitera de ses vacances pour revenir plus fort. Cet esprit de revanche va conditionner la saison prochaine.»

Quels sont les devoirs de l’ASSE vis à vis de ses supporteurs ?
B.C. :
«Nous avons une grande responsabilité : donner de l’émotion positive. C’est pourquoi il faut privilégier toujours le jeu et le spectacle. L’ASSE est bien représentée dans les instances de football et nous nous battons pour faire avancer nos idées.

Dernièrement encore, il a fallu intervenir pour bloquer une nouvelle réglementation que l’Olympique Lyonnais voulait au niveau des déplacements des supporters. L’OL voulait réduire à 2,5 % de la capacité des stades, le nombre de supporters visiteurs ce qui aurait pénalisé l’ASSE comme l’OM ou Lens d’ailleurs. Nous avons refusé cette idée qui ne correspond pas à notre avis à un club populaire et moderne. Il va encore falloir se battre sur ce sujet car les supporters des Verts méritent de venir à Geoffroy-Guichard comme à l’extérieur encourager leur équipe. Leur comportement est devenu responsable depuis fin mars et il faut les aider le plus possible.»

Comment remédier au déficit d’image dont souffre le football français depuis la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud ?
B.C. :
«Les bons résultats ne suffisent pas pour redresser cette image. Il faut un comportement exemplaire de tous les acteurs du football pro. Si l’affaire des chants lyonnais m’a choqué, c’est d’une part vis-à-vis des stéphanois mais aussi à cause de son effet négatif sur l’image générale du football français. Tous les acteurs du football, dirigeants, staff, joueurs, arbitres… ont une responsabilité au niveau de l’image de notre football. Un joueur violent sur le terrain oublie que son image sera renvoyée vers des millions d’enfants qui cherchent à l’imiter.
La médiatisation du football crée un effet grossissant comme une loupe et le moindre élément va être amplifié. Est-ce que tous les acteurs du football en ont conscience ? Il faut plus d’humilité, de respect et de bon sens. L’image de l’ASSE véhicule ces valeurs avec les symboles d’espérance et de partage.»


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