Alain, comment est le moral des troupes ?
Alain Perrin : «Comme vous avez pu le voir, ce matin (jeudi matin), à l’entrainement, je m’attache à ce que les séances soient justement vivantes, dynamiques et joyeuses afin de ne pas alourdir le poids de la situation actuelle. Tout le monde est conscient d’une situation délicate. Ceci dit, il ne faut pas en surajouter. Au contraire, nous avons besoin de fraicheur mentale pour aborder chacune des rencontres avec le maximum de détermination et d’envie.»
Justement, n’est-ce pas trop difficile de faire abstraction de la situation ?
Alain Perrin : «Il faut rester dans le factuel, c’est-à-dire analyser les performances individuelles et collectives sans se focaliser uniquement sur les résultats ou la situation. Il faut trouver des solutions dans le jeu en cherchant à être plus performant défensivement et offensivement. Ça nous donne des axes de travail. Nous ne nous en sortirons qu’en agissant dans le bon sens.»
Avez-vous le sentiment que les joueurs ont pu lâcher face à Marseille ?
Alain Perrin : «Non. Les joueurs n’ont rien lâché. Ils ont mis les forces qu’ils pouvaient selon les degrés de forme de chacun. La première mi-temps fut de grande qualité. Nous avons dominé Marseille. Ensuite, sur un fait de jeu, Marseille a ouvert le score. La qualité individuelle et des duels gagnés à certain moment ont fait logiquement la différence. C’est également la différence entre une équipe en réussite et l’autre qui ne l’est pas. Le résultat est lourd. Il faut faire la part des choses entre la production des joueurs et le résultat.»
La blessure de dernière minute de Dimitri Payet n’a rien arrangé ?
Alain Perrin : «C’est vrai. Il était l’attaquant en forme de ces dernières semaines. On préfère aborder un match avec toutes ses forces. Pour le prochain match à Rennes, nous pourrons compter sur les retours de Matuidi, Dabo, Matsui et Benalouane.»
«Compenser par le collectif les petites défaillances individuelles»
Les rendements de certains joueurs, tel que Bafé Gomis, ont été attaqués ?
Alain Perrin : «Ce n’est pas uniquement un joueur ou un secteur en particulier qui est fautif. Ce n’est pas Bafé (Gomis) qui nous a fait encaisser trois buts. C’est toute l’équipe qui doit mettre le bleu de chauffe et serrer les rangs. Dans le contexte actuel, il faut encore plus compenser par le collectif les petites défaillances individuelles pour pouvoir se rattraper. Nous avons des jeunes joueurs qui doivent savoir apprendre à répéter les performances.»
Avez-vous le sentiment que la direction du club est complètement consciente de l’état d’urgence ?
Alain Perrin : «Oui, tout à fait. Pour en discuter souvent entre nous, je peux assurer que les présidents ont largement conscience de la situation. Ils sont les premiers très inquiets et posent très souvent la question de savoir comment ils pourraient intervenir en interne pour aider le groupe. Ils sont très proches de nous. Nous avons les mêmes analyses sur les difficultés. Ensemble, nous cherchons à mettre les joueurs dans les situations les plus favorables, tant dans le travail que face à leurs responsabilités.»
Quelles sont vos attentes ?
Alain Perrin : «Plus la fin de championnat approche, plus les points sont importants. Dans notre position, tous les matches sont difficiles. Ceci dit, il y a la place pour glaner des points à l’extérieur. En commençant par Rennes d’où revenir avec un point serait déjà une bonne opération.»
«S’exprimer à 100% de nos moyens»
Justement, à quel type d’adversité vous attendez-vous à Rennes ?
Alain Perrin : «A un adversaire très remonté. Rennes reste également sur une claque face à Sochaux (3-0). Je pense que Guy (Lacombe) va également s’attacher à remobiliser les troupes pour effacer, à domicile, ce revers. En Coupe de France, nous leurs avions fait deux cadeaux. Il ne faudra pas les reproduire.»
Qu’est-ce qui vous rend optimiste pour cette fin de saison ?
Alain Perrin : «La mentalité du groupe, son investissement, la qualité du travail. Nous avons également les qualités individuelles pour faire face. Le groupe vit bien. Je répète que la mentalité du groupe est l’élément majeur pour aller au bout. Ce qui m’importe actuellement, c’est que nous nous exprimons à 100% de nos moyens. Enfin, la solidarité doit toujours compenser l’erreur du partenaire.»
Confirmez-vous votre souhait de rester la saison prochaine à l’ASSE, même en cas de descente ?
Alain Perrin : «Je n’ai jamais eu une philosophie d’entraîner uniquement un club de haut niveau. Travailler en Ligue 2 ne ferait pas souffrir mon ego parce que le travail est aussi passionnant. La vie d’un groupe et du terrain est aussi intéressant. Ceci dit, je ne me projette pas du tout dans cette hypothèse.»